Mort pour la France

 Auguste LE DIGARCHER- mon grand-père maternel MORT POUR LA FRANCE à Ypres (Belgique) le 22/4/1915

A la déclaration de guerre, en 1914: Veuf depuis 1 an, il avait 38 ans et 4 enfants de 9 à 4 ans..exploitant la ferme de keramborgne à Vieux-Marché

Registre des états de service relevés du livret militaire:

 État-civil : né le 7/10/1876 à Ploubezre canton de Lannion département des Côtes du Nord résidant à Vieux Marché t N° 10 du tirage au canton de Plouaret Conseil : Bon Détail des services :Parti le 16/11/1897 arrivé au corps ledit jour ; envoyé le 17/9/1898 en congé en attendant son passage dans la réserve, frère au service< ;certificat de bonne conduite accordé. Régiment d’infanterie de Guingamp :-a-ccompli une 1ère période dans le 48ème régiment d’infanterie du 24/8 au 20/9/1903
- a accompli une 2ème période dans le 48ème du 5/3 au 1/4/1906 Passé dans l’armée territoriale le 1/8/1910
- a accompli une période dans le 73ème RI du 3 au 11/6/1914 dans l’armée territoriale :N° au répertoire du corps : 16942

 Rappelé à l’activité par le décret de mobilisation générale du 1/8/1914 .Arrivé au corps le 4/8/1914

Auguste a 38 ans, veuf, 4 enfants de 4 à 9 ans.

le parcours du 73ème RIT: Août dirigé vers la Normandie pour la surveillance des côtes..Octobre embarquement au Havre pour assurer la protection du débarquement allié à Dunquerke...fin octobre: direction la Belgique !

Disparu le 22 avril 1915 à Boesinghe (Belgique) suivant avis ministériel du 4 juillet 1915. Décès fixé au 22/4/1915 par jugement déclaratif du tribunal de Lannion le 11/5/1921.

Auguste Le Digarcher, dont le corps n’a pas été identifié ne sera déclaré mort qu’en 1921. Ses 4 enfants seront confiés à la famille proche : Françoise(8 ans) et Auguste(6 ans) resteront à Keramborgne où leur oncle Désiré Le Digarcher et son épouse Maria Le Bozec viendront s’installer. Alexis(4 ans) sera confié à Marie-Louise Leroux épouse Bruno et Emilie l’aînée ira rapidement travailler. Auguste et Emilie décèderont de la tuberculose à 19 et 22 ans. Françoise partira comme bonne à Paris à 17 ans. Revenue en Bretagne pour s’occuper de son frère et de sa sœur malades, elle épousera Jean Le Bozec en 1929 et ensemble ils vivront et travailleront à Saint-Denis puis Pierrefitte. Alexis restera 10 ans à Saint Jean chez sa tante Bruno, il sera placé à 14 ans, grâce à l’entremise du curé de Plouaret, au château de Rosambo à Lanvellec et à 19 ans il rejoindra sa sœur à Paris et travaillera à la « Pharmacie centrale » de la plaine Saint-denis puis aux »Glacières de Paris ».

Lettre d’Auguste à son frère Désiré°°(unique témoignage retrouvé)°°°°

12 janvier 1915

Cher frère,

Je viens répondre à ton honorable et respectueuse lettre qui m’a fait grand plaisir en apprenant que tu es mobilisé à Guingamp.. (illisible) dieu merci. Je te fais savoir que je te fais cette lettre aux tranchées en face des boches ; maintenant nous avons changé de place de quelques kilomètres ; ce n’est pas si dure à cette heure qu’était auparavant ; nous faisons 3 ou 4 jours de tranchée sans avoir de ..(illisible) dans la compagnie. Je te dis que le régiment est encore complété avec des vieux qui étaient ensemble avec toi à Guingamp ; ils se trouvent verts la 1ère fois qu’ils rentrent dans les tranchées car ils sont frais. Ici il ne manque pas d’eau et de boue : c’est cela qui nous fait pleurer de misère.

Il y a ensemble avec moi : LE COZ François de Kermanac’h et son frère Yves, celui qui était ensemble avec toi au 41ème et BOUDIOU, cordonnier qui était aussi avec toi et qui te font leurs compliments.

Tu me dis que la vie est triste et cela est bien vrai mais avant de comprendre les opérations il faudrait y arriver en première ligne (?) Pour quelques temps me voilà ainsi que mes camarades depuis 3 mois dans cette vilaine place ; par ici on ne marche pas dans les rues rien que dans les prés et dans l’eau ; la moitié du temps jusqu’au genoux ; si le temps venait à geler nous serions beaucoup mieux ; on a pas de bâtiment pour nous loger, il faut séjourner tout le temps dans la terre. Ce que nous avons de bon : nous n’avons pas besoin d’argent : on ne peut rien faire car on ne trouve rien du tout.

Ne voyant plus grand-chose à te dire pour le moment. Bien des compliments de ma part à ta femme et à t(m ?)es enfants, je leur ai écrit pour le 1er de l’an. Je te souhaite une bonne année, le paradis à la fin de la vie.

Voici mon adresse : DIGARCHER Auguste- 73ème RIT-2ème compagnie-sp78

ACTE DE DISPARITION

73ème régiment d’infanterie territorial

Nous soussigné, Officier payeur du 73ème Régiment territorial d’infanterie, certifions que le nommé : LE DIGARCHER Auguste (l’état-civil n’a pu être établi par suite de la perte du livret),soldat de 2ème classe à la 2ème compagnie inscrit sous le numéro 16942

 a disparu le 22 Avril 1915 devant BOESINGHE (Belgique).

Circonstances de la disparition :

Durant le combat du 22 Avril au lieu-dit « le Bois Triangulaire » et où les Allemands  firent usage de gaz asphyxiants, le soldat LE DIGARCHER Auguste n’a pu suivre ses camarades pour se replier à temps dans la tranchée de la seconde ligne située en avant du canal au N-O de Boesinghe. Il reste donc à présumer que LE DIGARCHER aurait été cerné par les ennemis.

En foi de quoi ont témoigné les soussignés :

MORVAN  Sergent, DEBORDES Sergent

Fait à Quaëdypres le 25 Mai 1915 Vu par nous : GRIMAT Jules François

Sous-intendant maître de la 87ème division Territoriale.


N'ayant aucune photo de mon grand-père, je ne peux que supposer qu'il est sur cette photo prise début 1915 à Boesinghe. le sergent Desbordès étant le sergent - major qui a rédigé et signé le procès-verbal de disparition du 22 avril 1915.

Témoignage de Maurice Auboyer, à qui je dois ces photos: "Le sergent Théophile DEBORDES a survécu à la guerre, il est mort à Lohuec en 1970 à l'âge de 91 ans. A la suite de la bataille d'Ypres ,  il a fait l'objet d'une citation dont voici le contenu: "A m ontré le plus grand courage lors du combat du 22 Avril 1915, a rassemblé les hommes qui composaient sa section en leur faisant dirigé sur l'ennemi un feu meurtrier"

Voir ci-après le récit de la bataille d'Ypres du 22 Avril 1915